











|
|
Etienne Boulanger, Manon de Boer, Erik Göngrich, Raphaël Grisey, Andreas Fohr, Aglaia Konrad, Martin Krenn, Dorit Margreiter, Eléonore de Montesquiou, Jean-Luc Moulène, Stéphanie Nava, Catherine Rannou, Benjamin Rivière, Michaela Schweiger, Birgit Schlieps, Clemens von Wedemeyer, Albert Weis, Florian Wüst
|
06 juin - 22 août 2008
|
Dans
le cadre de l'exposition "la vie moderne / revisitée" 18 œuvres d'artistes
contemporains sont présentés. De diverses manières, ils reflètent les rapports
existants entre l'utopie esthétique et sociale mais aussi politique de la
modernité des années 50 et 60.
L'exposition
est constituée de différents volets :
- les
villes modernes comme espaces d'expérience de la perception individuelle ou
subjective
- l'image
de la modernité ainsi que les conditions politiques et culturelles de la
modernité
- la
réalité et l'imagination de la vie quotidienne dans des villes et des habitats
modernes
- la
ville et l'habitat comme espace de mémoire et d'acte (interaction) sociale.
Comme une sorte
de prologue, 4 vidéos sont présentées en alternance, à l'accueil du centre
d'art passerelle. Dans tous les films, différentes villes (Paris, Saõ Paulo,
Dresde, Nantes) sont présentées avec un regard individuel et subjectif. En se
référant fortement à la construction des images et des narrations du cinéma, ces
films racontent des petites histoires sur des perceptions individuelles des
villes.
Manon de Boer
Resonating Surfaces
(surfaces de résonance), 2005,
39 min
L'argument du film, initialement
tissé autour de plusieurs rencontres à Saõ Paulo, s'est finalement focalisé sur
Suely Rolnik, critique d'art et psychanalyste brésilienne. Seule sa voix
résonne sur les images de cette ville. Cette approche resserrée n'est cependant
jamais frontale, mais de biais, différée ou anticipée. La voix qui parle du
corps surgit en premier lieu et le corps visible à l'écran parle sans voix.
Manon de Boer procède par dissociation ou déploiement parallèle. Ainsi, elle
accuse à la fois la présence des corps vibratiles et le retentissement des
paroles ou de la musique en dehors d'eux. Un public participe à un concert,
habité par le rythme et le chant. Mais ce que l'on voit est en léger décalage
avec ce que l'on entend. Sur des images panoramiques de Saõ Paulo, la critique
d'art et psychanalyste évoque ses réflexions à propos de la façon d'être
brésilienne : cette « présence du corps comme plaque sensible » et cette « ouverture
subjective des désirs et des esprits ». Comme quiconque, Suely Rolnik a une
histoire et celle-ci coïncide avec l'Histoire, celle de la pensée et d'une
génération. Le film de Manon de Boer est fait d'imbrications de paroles,
d'images et de matières sonores composées par le musicien George van Dam en
résonance avec le parcours de Suely Rolnik qui fut ponctuellement en exil à
Paris dans les années soixante-dix.
Andreas Fohr
Oracle
(Orakel von Prohlis), Dresde
/ Paris, 2007, 48 min
Pour
éponger ses dettes, la ville de Dresde a vendu, d'un coup, à une société
d'investissement financier américaine, la totalité de ses logements sociaux. A
Prohlis, une banlieue composée pour l'essentiel de ce type de logement, un
enquêteur énigmatique, silencieux mais muni d'un appareil d'enregistrement, se
promène et capte des sons. On dirait, en tous cas c'est ce que les images
transmettent, qu'il tente de déchiffrer une parole oraculaire. Rien n'est
épargné à l'auscultation. Cela va des rumeurs des cours, aux bruits des tuyaux
ou des couloirs des bâtiments eux-mêmes. Plusieurs fils se dévident en
simultané, qui enroulent autant une réflexion sur le son, la polyphonie,
l'écoute que sur la politique sociale contemporaine - et son (notre) avenir.
Prenant le parti pris de la modestie, ne cachant pas que cela peut s'apparenter
à un jeu perdu d'avance, et avec lui égarée aussi la possibilité de la
transparence (une main, aussi régulièrement que vainement, tente de placer une
pièce dans un verre lui-même inclus au centre d'un bocal empli d'eau), le film
avance à pas décidé. Au milieu des choses, plutôt qu'au-dessus, écho sans voix
propre plutôt que propriétaire, il s'agit ici de déjouer les pulsions
autoritairement prophétiques. (Jean Pierre Rehm)
Jean-Luc
Moulène
Partition, 2006
Comme une
projection de diapositives suivant un rythme lent "Partition" se compose d'une
succession d'images qui évoquent à la fois l'impression de feuilleter les
photos d'un album privé ou des images extraites d'un film. Les scènes
photographiées sont des situations presque banales de la vie quotidienne dans
un quartier parisien : des gens qui se promènent, qui courent pour ne pas être
en retard au travail, qui nettoient les rues etc... La ville est le théâtre réel pour toutes
sortes d'activités (ou parfois aussi d'inactivités). Ce "théâtre" et ces actions
sont typologiques, et non pas spécifiques, au sens où la "narration
animée" se construit "entre les cadres
fixes" pendant (et avec) l'acte de la
perception. Les expériences urbaines du spectateur se mélangent avec le regard
photographique de l'artiste. A cause de la notion "non-spécifique" des images,
ces expériences individuelles deviennent des expériences, des espaces partagés
et collectifs.
Courtesy
Galerie Chantal Crousel, Paris
Benjamin
Rivière
Tripode, 2006, 18 min
De
Blade Runner à Alphaville, d'Abyss au Testament d'Orphée, de la destruction
d'un immeuble à son exploration par plusieurs personnages, le film ″Tripode″
nous transporte dans les méandres d'architectures aux allures futuristes,
fantasmées, réelles ou paranoïaques. En coupant, collant et remixant des
extraits de films et des séquences tournées à Paris et à Nantes, Benjamin
Rivière explore le langage cinématographique (et plus particulièrement le
vocabulaire propre au montage) mais aussi la culture contemporaine à travers
l'utilisation de références à la science fiction. Moments de transition ou de
ressorts narratifs, les séquences prélevées représentent des non-lieux dans
lesquels nous ne sommes plus que de passage, véhiculés d'un plan à un autre par
l'intermédiaire d'associations visuelles. ″Tripode″ est un film en multidimensions
d'où s'échappent des lignes de fuite affectant simultanément nos
représentations de l'espace et notre rapport à la réalité. Et ce sont ces mêmes
obsessions pour l'architecture et le cinéma que l'on retrouve dans l'ensemble
de ses œuvres. Comme dans la performance filmée ″Figuration″ qui découle de
l'analogie entre le lieu immortalisé par les Frères Lumières dans la Sortie des
Usines et les 994 m² investis par les Instants Chavirés à Montreuil pour
laquelle l'artiste a invité à rejouer ce plan emblématique en 2006. C'est
d'ailleurs cette façon de s'accrocher à des éléments visuels, repérés ou
rencontrés au hasard, de les prélever et de les assembler qui fait la
particularité du travail de Benjamin Rivière et de son acuité à créer des
œuvres comme autant d'amorces de nouveaux scénarios. (Elodie Royer)
Les
œuvres présentées dans le hall central, sur le quai et la mezzanine ont pour
thème les conditions socio-politiques et culturelles de la modernité avec un
regard actuel. Elles s'interrogent sur la construction et l'apparence des
images des paysages urbains et leur genèse.
Erik Göngrich
Ivry Sur Seine, Paris
2001
Les Olympiades, Paris
2000
"Ivry Sur
Seine" est un panorama qui s'articule comme un grand dessin (2,50 m hauteur x 6,50 m largeur) réalisé à
la main sur une bâche de camion. Le style du dessin reprend celui des
architectes ou des urbanistes : il montre plutôt la structure de la ville et le
principe de la construction urbaine plus que les détails et les spécificités.
Par le dessin, la ville réelle est devenue une image stéréotypée et abstraite,
qui doit être "remplie" par l'imagination et la projection du spectateur.
La photo "Les
Olympiades" fait le contrepoint avec le dessin. Il s'agit d'une prise de vue de
la place centrale entourée par des gratte-ciels sur le plateau bétonné qui
marque le territoire de croisement entre la communauté des habitants (pour la
plupart des immigrés asiatiques), des immeubles et le public. Cette place, aménagée
de pavillons qui hébergent des commerces, des restaurants, représente une place
publique avec une notion privative.
Florian Wüst
On a beau parler
(études à propos de sujets politiques #3), 2005
"Wir haben gut reden" (On a beau parler) s'occupe de la question de l'engagement politique des
intellectuels modernes. Cette pièce est composée d'un grand dessin mural et d'une
vidéo présentée sur un moniteur, intégrée au dessin. La pièce adapte des
affrontements, qui ont eu lieu au milieu des années 60 par des auteurs
allemands unis dans le "Gruppe 47" (groupe 47). En particulier, la figure de l'écrivain
et artiste Peter Weiss joue un rôle crucial dans la démarche de l'installation.
La position politique de Weiss et son attachement au socialisme ne sont pas à être
dissocié de son identité en tant que juif précaire exilé, résultant de son
sentiment d'exclusion et de détachement qui l'ont accompagné tout au long de sa
vie. Les inscriptions dans les cahiers de notes de Peter Weiss, les polémiques de
Hans Magnus Enzensberger et de Martin Walser servent de modèles littéraires à
cette vidéo. Cette mise en scène collant des citations imagées et textuelles
historiques crée un récit complexe sur le rapport ambivalent de la pensée et de
l'action dans le monde divisé de la guerre froide.
programmation de courts métrages
commissaire / curator : Florian Wüst
Trois séries de films expérimentaux, publicitaires et documentaires sur les industries et l'architecture, l'urbanisme et la construction des villes.
Catherine
Rannou
Projections, 2003
L'installation
"projection" consiste en une projection vidéo diffusée en boucle, projetée sur
un écran divisé en deux parties par le milieu. Entre le projecteur et l'écran, des
gravats de logements détruits à Brest sont posés. Par conséquence, les ombres
de ces déchets s'inscrivent dans l'image de la vidéo. Ils causent des "trou
noirs", des espaces vides, des "dessins"
juxtaposés sur le film. De la même manière que les morceaux de briques, de béton
etc. se grave dans l'image vidéo, le corps du spectateur, quand il tourne
autour de l'écran, s'empreint dans l'installation. L'image montre une façade
d'un immeuble moderne qui a été détruit par les bombardements pendant la guerre
en ex-Yougoslavie. Les images ont été réalisées à Sarajevo en 1996.
Etienne
Boulanger
Panoptique, 2008
La pièce
d'Etienne Boulanger consiste en une intervention / performance en 5 parties qui
utilisent les espaces intermédiaires du lieu d'exposition comme support. Pendant
presque une semaine entière, l'artiste a réalisé chaque jour un nouvel abri qui
lui a servi d'espace de sommeil pour le soir même. Chaque espace est choisi en
fonction de l'emplacement des dispositifs du centre d'art passerelle (angles
morts, murs, hauteurs). Ce dispositif de sécurisation peu être activé comme
d'habitude ; le but étant de
rester indétectable par le biais des abris. Ces constructions habitables sont
réalisées en panneaux de bois OSB et en chevrons laissés bruts. La performance
s'est déroulée pendant le temps de montage de l'exposition, ainsi, seules les
"coquilles vides" sont visibles durant l'exposition.
Erik Göngrich
Alexanderplatz
und zweiter Bauabschnitt Karl-Marx-Allee, wenn endlich 8 Millionen Menschen in Berlin leben... (La Place Alexander et la
deuxième phase de l'aménagement de l'allée Karl Marx, quand il y aura
finalement 8 Millions d'habitants à Berlin...), 2007
La série de 4
sérigraphies est un projet d'une vision dessinée et collée pour le futur
développement de la Place Alexander Berlin. Depuis la chute du mur et l'unification
allemande, cette place est en perpétuelle transformation. Elle symbolise la
ville historique, et surtout Berlin au milieu du 19ème siècle, mais il ne reste
pas grand chose de cette époque. La place a plutôt hérité de l'urbanisme et
l'architecture de l'Allemagne de l'Est ; héritage dont la capitale allemande
voudrait bien se débarrasser. Depuis presque 20 ans que l'Allemagne de l'Est et
l'Allemagne de l'Ouest ont fusionné, la place est devenue l'endroit des projets
et des phantasmes : comment aménager et (re)construire la place, ses
architectures, sa situation urbaine pour lui (re)donne l'importance d'une place
au cœur de Berlin?
Albert Weis
Folders, 1999-2004
L'ensemble de la série "folders" se compose d'un nombre variable
de photographies et de papiers pliés, dont les surfaces sont faites de collages
à partir de feuilles autocollantes. Avant la création du logiciel
d'architecture Autocad, les architectes utilisaient ces feuilles tramées pour
l'illustration et la finition des plans d'architecture dessinés à la main. Les
photos offrent une vue fragmentée des perspectives extérieurs, notamment des
façades ou des situations urbaines. Ces diverses
vues d'architectures de l'environnement urbain mettent l'accent sur la
répétition sculpturale et sans fin, la répétitivité des systèmes de l'espace
urbain.
Équivalent à des vues photographiques, à travers leurs pliages,
les pièces en papier sculptées ne (re)produisent pas des interventions spécifiques
d'architectures, mais représentent plutôt des abstractions des structures
tridimensionnelles. Ils transforment et transfèrent le système esthétique de
l'architecture dans une articulation artistique oscillant, résultant de
tableaux sculptés.
Aglaia Konrad
Plattenbilder, 2005
Sur plus d'une soixantaine de panneaux en bois de dimension
identique (90 x 240 cm), Aglaia Konrad présente sur grand format - parfois
étalés sur plusieurs panneaux - des photos affichées extraites de ses archives.
Il s'agit de prises de vue de villes fragmentées par le regard et l'appareil
photo. Cette fragmentation est volontaire, motivée principalement par le
constat de l'impossibilité d'une perception totale, mais également par l'idée
de la construction d'un panorama d'une agglomération fictive et à la fois
imaginaire, à travers la photo. Les images
rassemblent et unissent des architectures et des situations urbaines de
ville dans le monde entier. Les marges des structures qui portent les photos, c'est-à-dire
les panneaux de bois, sont souvent visibles. Elles fonctionnent comme des
écarts qui rappellent à la fois que les représentations photographiques sont
des documents qui reflètent la réalité, mais ils ne visent pas à la reproduire.
Aussi, les surfaces monochromes marron du bois créent des ruptures et des contrastes par rapport aux
photos en noir et blanc, empêchant alors les alignements et les chevauchements
des images de construire une narration linéaire. L'espace entre deux images
doit être imaginer par le spectateur : l'agencement aléatoire encourage une
vision libre et associative des différents espaces urbains mis en image. La
dimension sculpturale et spatiale intègre le corps et la sensation du
spectateur qui n'a jamais une vision totale de l'installation, du fait que
cette installation se déploie tout autour de lui. Le regard reproduit par
fragmentation l'ensemble de l'installation d'Aglaia Konrad.
La partie de l'exposition présentée à l'étage montre la ville
comme espace d'actes sociaux ainsi que espace social. Les utopies du modernisme
dans leurs dimensions esthétiques et politico-sociales sont mises dans le
contexte et les conditions économiques et politiques d'aujourd'hui. Elles se
reflètent dans leur genèse, leurs transformations, parfois comme des utopies
échouées, parfois comme des utopies adaptées, transformées ou réformées.
Raphaël Grisey
Trappes, ville
nouvelle, 2001-2004
L'installation, dont les formes
sculpturales consistent en deux boîtes en bois avec des tiroirs empilés. L'ensemble
de ces boîtes - une placée à l'horizontal, l'autre à la verticale - rappelle
une forme hybride entre une armoire d'artiste
pour la gravure, un placard d'archives et une maquette architecturale abstraite
et brute. Les tiroirs contiennent les photographies d'un quartier d'une ville
de banlieue, ainsi que des photographies de groupes et des portraits de
personnes de différents niveaux sociaux et ethniques. Les photos, mais aussi
les prospectus des extraits de l'entretien avec les habitants du quartier, ont
été créées dans le cadre d'un projet processuel à Trappes. Cette ville de
banlieue parisienne a été fondée dans les années 70. Cette agglomération
urbaine a été conçue comme un grand village ou une ville à l'ancienne, mais
avec des immeubles modernes de l'époque. Il s agit d'une approche presque utopique
de la construction d'une ville démocratique pour les citoyens : un mélange de
logements sociaux, d'espaces communs, d'infrastructures culturelles etc. . Aujourd'hui,
la ville de Trappes est plutôt connue pour ces problèmes typiques de banlieue
parisienne.
Dorit Margreiter
Exquisite
Function
Wien/Berlin, 2007, 11 min
L'installation vidéo intitulée "Exquisite Function" tente
de définir et de décrire l'architecture à travers la conception de l'intérieur
des habitats et les objets de design.
Le quartier "Hansaviertel" à Berlin a été construit en 1957. Cet
ensemble urbain regroupe 35 bâtiments modernes réalisés par des architectes de
renommée internationale (Alvar Aalto, Egon Eiermann, Walter Gropius, Arne
Jacobsen, Oscar Niemeyer, Max Taut, et d'autres encore). Il a été conçu comme
une "petite ville exemplaire" construit pour le futur d'une société réformée après
la seconde guerre mondiale. Avec ses 1200 logements dans des pavillons et des
immeubles - des pavillons pour les commerces, un cinéma, une crèche, une
maternelle, une école etc.. - le ″Hansaviertel″ était considéré comme le
modèle d'une ville idéale pour une société moderne avec ses besoins imposés par
la vie quotidienne de cette époque.
Les architectes qui ont développé les bâtiments de cette "ville
de demain" n'ont pas seulement déterminé l'urbanisme et l'architecture, mais
ils ont également proposé des intérieurs et des accessoires pour la maison :
des formes réduites et fonctionnelles. Les meubles et les objets ont été pensés
pour l'aménagement standard et sont devenus, pour la plupart, des icônes des
intérieurs design.
L'installation "Exquisite
Function" consiste en deux niveaux : le film est une sorte de défilé muséal des
objets et des meubles modernes, et les entretiens avec quelques habitants qui
témoignent leurs idées sur l'origine du quartier et ses transformations,
adaptations depuis 50 ans.
Eléonore de Montesquiou
Minu maja on
minu maa - my home is my castle (ma maison à moi)
Estonie, 2001 (38 min)
La pièce a été réalisée dans le cadre d'une résidence en Estonie
post-soviétique (2002) - où différentes femmes exposent les relations
personnelles qu'elles entretiennent avec leur lieu d'habitation et leur ville.
De ces expériences intimes, Eléonore de Montesquiou offre une approche
plastique des trames superposées d'espace et de temps qui constituent notre
quotidien. Elle a filmé les façades des immeubles, elle s'est entretenue avec
certains habitants, laissant aller sa caméra à quelques détails du quotidien.
En cliquant sur les mots qui apparaissent sur les images, on découvre des bribes
de vie, des moments d'histoires. En fond sonore, comme une ritournelle
lancinante, certains de ces mots sont montés en boucle. Au début on cherche un
sens à ces bouts de phrases puis la quête s'estompe. Le fond sonore devient
musique ou murmure. Au fur et à mesure de l'expérience, ces récits d'un autre
pays font écho à une appréhension plus générique de nos manières d'habiter les
lieux. Eléonore de Montesquiou creuse ici un trou dans le réel et révèle
l'entrelacs des temps et des espaces.
Stéphanie Nava
Papier-peint a partir du dessin "Luftgebaeude", 2007
Luftgebaeude
serie 4, 2007
(untitled), 2007
La programmation annuelle 2007/08 du centre d'art passerelle,
autour de la question de la ville et de la modernité, a été introduit en
juillet 2007 avec la fabrication du grand dessin mural intitulé ″Désirs, entreprises, un panorama″
(collection Rhône-Alpes - Institut d'art contemporain, Villeurbanne-Lyon) sur la
façade du centre d'art. La pièce sera présentée jusqu'à la fin du mois d'août
2008.
Dans l'exposition "la vie moderne / revisitée", deux dessins de Stéphanie
Nava sont présentés sur un papier-peint qui porte le même motif qu'un de ses
dessins. Il s'agit d'un dessin représentant des maisons individuelles avec une
voiture garée devant. La maison et la voiture s'unissent dans l'ombre et deviennent
une vignette répétée.
La trame du papier-peint représente le motif sériel d'une manière monotone
comme une ville standardisée et typologique où tout se ressemble. Le deuxième
dessin montre un personnage assis à côté d'une table sur laquelle se trouve une
maquette d'une ville qui semble identique avec "la ville" du papier-peint : le
rêve domestique dans sa version domestiquée.
Birgit Schlieps
Trancemoderne, 2000-2007
L'installation "Trancemoderne" se constitue d'un papier peint
avec une série de photos encadrées accrochées dessus. Le papier-peint montre
l'intérieur d'un centre culturel à l'architecture standard moderne de la
République Soviétique des années 60 à Aktau. Les tirages photos représentent
des habitations de la ville d'Aktau de la même époque confronté à des maisons
individuelles et mitoyennes des années 90. Donc, d'un temps où la République
Soviétique n'existait plus. Aujourd'hui, Aktau est la capitale du Kazakhstan.
Fondée à la fin des années 50, la ville a été construite comme le modèle d'une
ville idéale soviétique. La raison d'être de cette ville était l'industrie
autour de l'Uranium et le pétrole qui, à l'époque semblait assurer le futur économique
et sociale. Apres la chute de l'U.R.R.S., les usines nucléaires ont fermé et
les industries pétrolières ont été privatisées. Les changements de la société, la vie quotidienne
et la ville tout de suite suivi : à côté des immeubles modulaires des années 60
et 70, se trouvent maintenant des maisons et des petites villas privées avec des
pignons et des balcons arrondis. Et l'organisation géométrique de la ville s'effondre
de plus en plus. Le travail de Birgit Schlieps documente la simultanéité des
différents univers de vie : l'aspect absurde de la situation de départ, la construction
d'une ville moderniste dans la steppe kazakh de la mer Caspienne, le capitalisme,
sous conditions par superpositions de nouveaux voisinages et de fantaisie, une
partie d'un triste paysage urbain.
Michaela Schweiger
Zurück in die Stadt von morgen (Retour à la ville de
demain), 16 mm / Digibeta, 23 min
L'œuvre de Michaela Schweiger présente une installation avec une
projection de film. Le thème et le lieu de tournage du film "Zurück in die
Stadt von morgen" (Retour à la ville de demain) est le quartier ″Hansaviertel″
à Berlin. Sa rénovation par des architectes tels qu'Alvar Aalto, Walter Gropius,
Arne Jacobsen et autres s'est terminée en 1957. Ils n'ont pas simplement proposé
l'urbanisme et l'architecture du quartier, mais ils ont donné une forme à une vision sociale de
l'après-guerre. Dans le film de Michaela Schweiger différentes personnes
conduisent le spectateur dans ce modèle d'un projet de "Ville de
demain". Cette mise en scène de leurs propres histoires raconte d'une
manière très minimaliste ce mélange de constats des lieux dans leur état actuel
ainsi qu'avec une rétrospective sur l'idée du "Neues Bauen" (nouvelle
construction), à l'époque associée aux utopies de l'urbanisme d'un
environnement bénéficiant du soutien social du changement et de vues sur les
futures perspectives de vie. La mise en scène du film fait référence aux films
du Nouveau Réalisme et de la Nouvelle Vague, mais reprend également des
principes théâtraux du "method acting".
Différentes versions de l'installation de "Zurück in die Stadt
von morgen" permettent toujours d'adapter aux conditions du lieu d'exposition. Leurs constructions font toujours référence à
des gestes architecturaux de la modernité après-guerre et reprennent les systèmes
et transposent leur esthétisme.
Clemens von Wedemeyer
Silberhöhe, 35 mm / dvd, 2003, 9 min
Inspirée par la scène finale de L'Eclipse, d'Antonioni, une
fiction sans personnages dans un quartier de préfabriqués de l'Allemagne de
l'Est. La caméra va et vient, en quête d'une intrigue invisible. Et pourtant
rien n'arrive et personne n'entre sur la scène. Une maison est détruite, les
pierres glissent. La lumière d'un téléviseur illumine l'intérieur d'une maison,
avec un bruit de villes lointaines. Le cinéma transforme les marges de la ville
en décor pour des films jamais tournés.
|
|
commissaire : Ulrike Kremeier |
| télécharger le dossier de presse en format .pdf
|
rendez-vous autour de l'exposition
|
|
jeudi 29 mai 2008, 18h30 : programmes de court-métrages dans le cadre de l’exposition ″la vie moderne / revisitée″
commissaire : Florian Wüst
programme 1 :
Modes d'habiter
Manhatta, Paul Strand & Charles Sheeler, US, 1921, 9'
Die neue Wohnung, Hans Richter, CH, 1931, 27'
Poème électronique, Le Corbusier & Edgar Varése & Yannis Xenakis, NL, 1958, 9'
In the street, Helen Levitt, US, 1952, 15'
Bag de ens facader, Peter Weiss, DK, 1961, 27'
vendredi 06 juin, 18h30 : vernissage de l'exposition
samedi 07 juin, 15h
: visite guidée des expositions
3€/gratuit pour les adhérents
jeudi 12 juin 2008, 18h30 :
programmes de court-métrages dans le cadre de l’exposition ″la vie moderne / revisitée″
commissaire : Florian Wüst
programme 2 : Pétrole et plastique
The Birth of the Robot, Len Lye, UK, 1935, 7'
Lichtspiel Schwarz-Weiss-Grau, László Moholy-Nagy, DE, 1930, 5'
Erwerbslose kochen für Erwerbslose, Ella Bergmann-Michel, DE, 1932, 9'
Aquila, Jacopo Erbi, IT, 1950, 21'
Le chant du styrène, Alain Resnais, FR, 1958, 14'
Design for Dreaming, William Beaudine, US, 1956, 9'
Saute ma ville, Chantal Akerman, BE, 1968, 13'
mercredi 18 juin, 11h
: visite préparatoire pour les enseignants
de l’exposition ″la vie moderne / revisitée″
gratuit
jeudi 19 juin, 17h30
: visite préparatoire pour les enseignants
de l’exposition ″la vie moderne / revisitée″
gratuit
samedi 21 juin, 15h
: visite guidée des expositions
3€/gratuit pour les adhérents
mardi 24 juin, 19h
: visite surprise de l'exposition "la vie moderne/revisitée"
performée par Bettina Hutschek
4 € / gratuit pour les adhérents
samedi 28 juin, 16h
: parcours expérimental dans l’espace public brestois,
performé par Bettina Hutschek
3 € / gratuit pour les adhérents / rendez-vous au centre d’art
samedi 05 juillet, 15h
: visite guidée des expositions
3€/gratuit pour les adhérents
jeudi 03 juillet 2008
: programmes de court-métrages dans le cadre de l’exposition ″la vie moderne / revisitée″
commissaire : Florian Wüst
programme 3 : Architecture intégrale
Les Mystères du Château du Dé, Man Ray, FR, 1929, 27'
Le Corbusier travaille, Gabriel Chereau, FR, 1951, 8'
Thèmes et variations, Germaine Dulac, FR, 1928, 9'
Conical Intersect, Gordon Matta-Clark, US, 1975, 19'
quadro, Lotte Schreiber, AT, 2002, 10'
Des fantômes de nos actions passées, Marianne Visier, FR, 1986, 9'
samedi 19 juillet, 15h
: visite guidée des expositions
3€/gratuit pour les adhérents
samedi 26 juillet, 16h
: parcours expérimental dans l’espace public brestois,
performé par Bettina Hutschek
3 € / gratuit pour les adhérents / rendez-vous au centre d’art
samedi 02 août, 15h
: visite guidée des expositions
3€/gratuit pour les adhérents
du mardi 19 au vendredi 22 août, 14h-17h
: les petites fabriques
atelier de création artistique 6-11 ans autour de l’exposition "la vie moderne / revisitée"
70 € les 4 jours / 60 € pour les adhérents
|
|