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les modalités du portrait Clegg & Guttmann
13 septembre – 19 décembre 2012
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Depuis 1980, Clegg & Guttmann travaillent ensemble à la réalisation d’un projet photographique qui bouleverse les rapports entre pouvoir esthétique et pouvoir « réel ». Ils ont choisi comme sujet de prédilection le portrait « officiel », hérité de l’époque de la Renaissance en Europe du Nord et qui subsiste de nos jours sous la forme des photographies des rapports annuels publiés par les grandes entreprises. Leurs portraits individuels ou de groupes questionnent les codes de représentation de la peinture classique et les signes attribués au pouvoir et à la hiérarchie dans la société contemporaine.
L’exposition les modalités du portrait se construit en quatre chapitres : - les commandes refusées sur la mezzanine; - les portraits fictifs dans la grande salle de l’étage; - les commandes acceptées; - et enfin les collaborations avec d’autres artistes dans la dernière salle. Chaque chapitre montre des portraits individuels, des portraits de couple et des portraits de groupe. Les plus anciennes datent du début des années 80, et les plus récentes ont été produites en 2009. Tant au niveau de la composition de la photographie, que dans l’insertion de petites images qui apparaissent dans les tableaux, les références à l histoire de l’art et notamment à la peinture d’histoire et à leurs fonctions représentatives, sont omniprésentes. Les œuvres de Clegg & Guttmann utilisent la photographie comme un mode d’expression et d’articulation contemporaine qui suit la logique de la peinture. Plus précisément, la peinture est plutôt une question de regard qu’une affaire de technique. Clegg & Guttmann s’interrogent sur les sièges et les formes du pouvoir dans la société postindustrielle en montrant, suivant une intention politique critique, les constructions et les artifices de cette classe sociale et en donnant à réfléchir aux codes de représentation de ce pouvoir. En dépeignant les personnalités dirigeantes de la société moderne (que ce soient les grandes familles bourgeoises, les cadres de la finance mondiale, les cercles d’initiés, les cartels, les politiciens… toutes sortes de genre qui alimentent nos fantasmes, nos fictions du pouvoir), ils mettent en avant le symbolisme du pouvoir de l’argent et la promulgation de la puissance masculine. Si certaines de leurs œuvres ont été commanditées par des groupes de personnes souhaitant être « représentées » par l’image d’eux-mêmes, Clegg & Guttmann ont fait appel, au départ, à des acteurs qui se servent de ces codes préétablis. Ils adoptent, de façon exagérée et conventionnelle, les postures, les regards et les règles vestimentaires de ceux qui utilisent ce vocabulaire dans leurs vies, renforcé par la présence d’objets et d’accessoires caractérisant les richesses. Ce désir d’être représenté et de posséder cette représentation de soi-même constitue une signification universelle. Cependant, les commanditaires ont la possibilité de refuser la photographie finalisée. Certains sujets ne se reconnaissent pas dans l’aspect fictionnel de la composition et rejettent l’image qu’on leur propose d’eux. Si la photographie leur plaît, les commanditaires deviennent prioritaires à l’achat. Sinon, la photographie réalisée sera réutilisée dans une seconde, voire une troisième version de la prise de vue. Clegg & Guttmann se réapproprient l’image, la découpent, la recomposent pour recréer un autre portrait. Il n’est pas rare de remarquer des traces de montage sur les photographies de Clegg & Guttmann, traduisant l’assemblage de différents portraits. Ceci renforce leur volonté de dresser le portrait d’une société artificielle et construite, d’établir une relation interne qui n’existe pas dans la réalité. Ce qui intéresse Clegg & Guttmann c’est davantage l’interchangeabilité des rôles de chacun, qui est de l’ordre du déguisement, plutôt que les identités individuelles. La qualité formelle des poses renforce la fiction et apporte un aspect théâtral prononcé. Le portrait perd de sa valeur réaliste et élimine tout naturel. La psychologie du sujet devient un comportement de classe. La disposition des sujets dans la composition visuelle des œuvres représente les expressions courantes et les symboles de l’autorité morale des personnalités. Le regard des sujets est chargé de cette supériorité que confèrent pouvoir et richesse dans une ambiance sombre et élégante comme dans un portrait néerlandais. Les sujets apprêtés aux costumes sur-mesure exhibent le maniérisme raffiné des classes privilégiées. commissaire de l’exposition/curator : Ulrike Kremeier
portraits refusés
Portrait of a Photography Dealer : a Rejected Commission, 2001 courtesy Galerie Christian Nagel, Berlin/Cologne/Anvers
An American Family : a Rejected Commission, 1987 collection Frac Aquitaine, Bordeaux
Matrimonial Portrait : a Rejected Commission, 2006 courtesy Galerie Elisabeth & Klaus Thoman, Innsbruck/Vienne
Portrait of Two Sisters : a Rejected Commission, 2006 courtesy Galerie Elisabeth & Klaus Thoman, Innsbruck/Vienne
Portrait of a Young Woman : a Rejected Commission, 2005 courtesy Galerie Elisabeth & Klaus Thoman, Innsbruck/Vienne
portraits fictifs
Group Portraits of Executives with Titian’s allegory of Prudence, 1981 courtesy Galerie Christian Nagel, Berlin/Cologne/Anvers
History of Photography, 1984 courtesy des artiste
Executives of the Steel Industry versus Executives of the Textile Industry, 1981 collection Alexander Schröder, Berlin
The Cripple (version 2), 1985 courtesy Galerie Christian Nagel, Berlin/Cologne/Anvers
The Chess Players, 1985 collection Centre Pompidou, Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle
The Corporate Choir, 1989 courtesy Galerie Christian Nagel, Berlin/Cologne/Anvers
Now that he started he will never stop, 1983 courtesy Georg Kargl Fine Arts, Vienne
Book Worm, 1985 courtesy Galerie Christian Nagel, Berlin/Cologne/Anvers
portraits commandés
Portrait of an Art Dealer, 1985 courtesy Georg Kargl Fine Arts, Vienne
Portrait of Two Youths with a bust of Marie-Antoinette, 1987 collection Frac Aquitaine, Bordeaux
Portrait of Two Sisters, 1987 collection Frac Aquitaine, Bordeaux
Portrait of a Young Man, 2005 courtesy Galerie Elisabeth & Klaus Thoman, Innsbruck/Vienne
The Board of Regents, 1988 courtesy Galerie Christian Nagel, Berlin/Cologne/Anvers
collaborations
Cardinal Red (Collaboration with Franz Erhard Walther), 1993 courtesy Georg Kargl Fine Arts, Vienne
Self Portrait in a Convex Mirror (Collaboration with Fareed Armaly), 1988 courtesy des artistes
Untitled Portrait of an Artist (Collaboration with Nunzio) : a Rejected Commission, 2010 courtesy des artistes/production centre d’art passerelle
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