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les modalités du portrait Imprimer Envoyer



Clegg & Guttmann, Book Worm, 1985 © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

les modalités du portrait © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

les modalités du portrait © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

Clegg & Guttmann, group portrait of executives with Titian's allegory of Prudence, 1981 © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

Clegg & Guttmann, Histoty of Photography, 1984 © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

Clegg & Guttmann, The Cripple V2, 1985 © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

les modalités du portrait © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

les modalités du portrait © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

les modalités du portrait © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

les modalités du portrait © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

Clegg & Guttmann, Portrait of an Art Dealer, 1985-2006 © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

les modalités du portrait © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

les modalités du portrait © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012

Clegg & Guttmann, Portrait of two Sisters, 2006 © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012


les modalités du portrait © cac passerelle, Brest - crédits photographiques : N. Ollier, 2012








les modalités du portrait
Clegg & Guttmann

13 septembre – 19 décembre 2012



Depuis 1980, Clegg & Guttmann travaillent ensemble à la réalisation d’un projet photographique qui bouleverse les rapports entre pouvoir esthétique et pouvoir « réel ».  Ils ont choisi comme sujet de prédilection le portrait « officiel », hérité de l’époque de la Renaissance en Europe du Nord et qui subsiste de nos jours sous la forme des photographies des rapports annuels publiés par les grandes entreprises. Leurs portraits individuels ou de groupes questionnent les codes de représentation de la peinture classique et les signes attribués au pouvoir et à la hiérarchie dans la société contemporaine.  

L’exposition les modalités du portrait se construit en quatre chapitres :
- les commandes refusées sur la mezzanine;
- les portraits fictifs dans la grande salle de l’étage;
- les commandes acceptées;
- et enfin les collaborations avec d’autres artistes dans la dernière salle.
Chaque chapitre montre des portraits individuels, des portraits de couple et des portraits de groupe. Les plus anciennes datent du début des années 80, et les plus récentes ont été produites en 2009. Tant au niveau de la composition de la photographie, que dans l’insertion de petites images qui apparaissent dans les tableaux, les références à l histoire de l’art et notamment à la peinture d’histoire et à leurs fonctions représentatives, sont omniprésentes. Les œuvres de Clegg & Guttmann utilisent la photographie comme un mode d’expression et d’articulation contemporaine qui suit la logique de la peinture. Plus précisément, la peinture est plutôt une question de regard qu’une affaire de technique.

Clegg & Guttmann s’interrogent sur les sièges et les formes du pouvoir dans la société postindustrielle en montrant, suivant une intention politique critique, les constructions et les artifices de cette classe sociale et en donnant à réfléchir aux codes de représentation de ce pouvoir. En dépeignant les personnalités dirigeantes de la société moderne (que ce soient les grandes familles bourgeoises, les cadres de la finance mondiale, les cercles d’initiés, les cartels, les politiciens… toutes sortes de genre qui alimentent nos fantasmes, nos fictions du pouvoir), ils mettent en avant le symbolisme du pouvoir de l’argent et la promulgation de la puissance masculine.

Si certaines de leurs œuvres ont été commanditées par des groupes de personnes souhaitant être « représentées » par l’image d’eux-mêmes, Clegg & Guttmann ont fait appel, au départ, à des acteurs qui se servent de ces codes préétablis. Ils adoptent, de façon exagérée et conventionnelle, les postures, les regards et les règles vestimentaires de ceux qui utilisent ce vocabulaire dans leurs vies, renforcé par la présence d’objets et d’accessoires caractérisant les richesses. Ce désir d’être représenté et de posséder cette représentation de soi-même constitue une signification universelle.

Cependant, les commanditaires ont la possibilité de refuser la photographie finalisée. Certains sujets ne se reconnaissent pas dans l’aspect fictionnel de la composition et rejettent l’image qu’on leur propose d’eux. Si la photographie leur plaît, les commanditaires deviennent prioritaires à l’achat. Sinon, la photographie réalisée sera réutilisée dans une seconde, voire une troisième version de la prise de vue. Clegg & Guttmann se réapproprient l’image, la découpent, la recomposent pour recréer un autre portrait. Il n’est pas rare de remarquer des traces de montage sur les photographies de Clegg & Guttmann, traduisant l’assemblage de différents portraits.  Ceci renforce leur volonté de dresser le portrait d’une société artificielle et construite, d’établir une relation interne qui n’existe pas dans la réalité.

Ce qui intéresse Clegg & Guttmann c’est davantage l’interchangeabilité des rôles de chacun, qui est de l’ordre du déguisement,  plutôt que les identités individuelles. La qualité formelle des poses renforce la fiction et apporte un aspect théâtral prononcé. Le portrait perd de sa valeur réaliste et  élimine tout naturel. La psychologie du sujet devient un comportement de classe.

La disposition des sujets dans la composition visuelle des œuvres représente les expressions courantes et les symboles de l’autorité morale des personnalités. Le regard des sujets est chargé de cette supériorité que confèrent pouvoir et richesse dans une ambiance sombre et élégante comme dans un portrait néerlandais. Les sujets apprêtés aux costumes sur-mesure exhibent le maniérisme raffiné des classes privilégiées.


commissaire de l’exposition/curator : Ulrike Kremeier







portraits refusés

Portrait of a Photography Dealer : a Rejected Commission, 2001
courtesy Galerie Christian Nagel, Berlin/Cologne/Anvers

An American Family : a Rejected Commission, 1987
collection Frac Aquitaine, Bordeaux

Matrimonial Portrait : a Rejected Commission, 2006
courtesy Galerie Elisabeth & Klaus Thoman, Innsbruck/Vienne

Portrait of Two Sisters : a Rejected Commission, 2006
courtesy Galerie Elisabeth & Klaus Thoman, Innsbruck/Vienne

Portrait of a Young Woman : a Rejected Commission, 2005
courtesy Galerie Elisabeth & Klaus Thoman, Innsbruck/Vienne


portraits fictifs

Group Portraits of Executives with Titian’s allegory of Prudence, 1981
courtesy Galerie Christian Nagel, Berlin/Cologne/Anvers

History of Photography, 1984
courtesy des artiste

Executives of the Steel Industry versus Executives of the Textile Industry, 1981
collection Alexander Schröder, Berlin

The Cripple (version 2), 1985
courtesy Galerie Christian Nagel, Berlin/Cologne/Anvers

The Chess Players, 1985
collection Centre Pompidou, Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle

The Corporate Choir, 1989
courtesy Galerie Christian Nagel, Berlin/Cologne/Anvers


Now that he started he will never stop, 1983
courtesy Georg Kargl Fine Arts, Vienne


Book Worm, 1985
courtesy Galerie Christian Nagel, Berlin/Cologne/Anvers


portraits commandés

Portrait of an Art Dealer, 1985
courtesy Georg Kargl Fine Arts, Vienne

Portrait of Two Youths with a bust of Marie-Antoinette, 1987
collection Frac Aquitaine, Bordeaux

Portrait of Two Sisters, 1987
collection Frac Aquitaine, Bordeaux

Portrait of a Young Man, 2005
courtesy Galerie Elisabeth & Klaus Thoman, Innsbruck/Vienne

The Board of Regents, 1988
courtesy Galerie Christian Nagel, Berlin/Cologne/Anvers


collaborations

Cardinal Red (Collaboration with Franz Erhard Walther), 1993
courtesy Georg Kargl Fine Arts, Vienne

Self Portrait in a Convex Mirror (Collaboration with Fareed Armaly), 1988
courtesy des artistes

Untitled Portrait of an Artist (Collaboration with Nunzio) : a Rejected Commission, 2010
courtesy des artistes/production centre d’art passerelle



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